L'assurance ménage : ce qu'il faut savoir

A quoi sert l’assurance ménage ?

Sur le plan sentimental, bien sûr. Mais sur le plan pratique ?
Les objets de notre vie quotidienne représentent un capital qui s’accroît plus vite qu’on ne le pense.
Et rares sont ceux qui connaissent les richesses de leur ménage… jusqu’au jour où il faut les remplacer, suite à un vol, un incendie ou à des dégâts d’eau, par exemple.

Nous pouvons vous proposer une protection globale ou modulable, couvrant, entre autres, tous vos meubles, vos effets personnels et ceux des personnes qui habitent avec vous.

 Pourquoi dois-je mettre à jour mon assurance ménage ?

Une comparaison est en tout cas utile, car elle oblige à réfléchir à sa propre situation et aux besoins d’assurance qui en découlent. Il n’est pas rare alors de constater que de nombreux événements se sont produits, changeant bien des choses : le mariage, peut-être, l’achat d’une maison, la naissance des enfants, l’acquisition de nouveaux meubles.

Les assurances doivent aller de pair avec tous ces changements car sinon, en cas de sinistre, les surprises peuvent être fort désagréables.

Qu’est-ce que l’inventaire du ménage ?

Quand vous souscrivez l’assurance ménage, la compagnie d’assurance vous demande de fournir l’inventaire de votre ménage. Celui-ci correspond à tous les biens que vous possédez dans vote habitation, de l’objet le plus insignifiant (les ustensiles de cuisine, par exemple) à vos biens les plus précieux (instruments de musique, télévision, etc).

Vous allez donc déclarer l’ensemble de ces objets à l’assurance, ce qui lui permettra de connaître le montant maximum de couverture. Attention de ne pas oublier certains objets (voire d’omettre volontairement de les déclarer), car vous ne seriez pas remboursé à leur juste valeur. Le montant de l’inventaire du ménage fait varier le montant de la prime de votre assurance ménage, mais il n’est pas le seul élément qui permette son calcul.

Adaptez à intervalles réguliers votre somme assurée pour tenir compte des objets que vous avez acquis entre-temps. C’est la valeur à neuf qui est versée en cas de sinistre qui est importante. C’est seulement ainsi que vous aurez la certitude d’être bien assuré en cas de sinistre.

Que couvre l’assurance ménage ?

 L’assurance ménage couvre-t-elle mes biens en cas de casse ?

L’assurance ménage couvre vos biens suite à un sinistre dû à une cause extérieure. Si c’est vous ou un membre de votre famille qui cassez l’un de vos objets, vous ne serez pas couvert, sauf si vous avez souscrit l’option casco ménage.

Dans le cas d'une collocation, avons-nous besoin d'une ou plusieurs assurance ménage ?

En principe, il est possible d'assurer tous les colocataires dans une même assurance inventaire du ménage. C’est la même chose pour l'assurance responsabilité civile privée. Toutefois, nous recommandons de souscrire une assurance individuelle par personne. De cette façon, vous évitez qu'une personne se retrouve sans couverture d'assurance du jour au lendemain après un déménagement. 

Source : info-assurance

Les 5 prin­ci­paux élé­ments de la ré­forme de la LPP

Le 17 mars 2023, le Conseil national et le Conseil des États ont approuvé la réforme de la prévoyance professionnelle. Celle-ci constitue un compromis équilibré et abordable qui participe largement à la pérennité de la prévoyance vieillesse. Le secteur de l’assurance privée suisse soutient donc expressément la réforme. Les principaux aspects de la réforme sont énumérés ci-après et commentés par l’ASA.
 

Voilà longtemps que les rentes de la prévoyance professionnelle sont sous pression. En cause, l’allongement de l’espérance de vie et la situation délicate qui persiste sur les marchés des capitaux. Ni l’inflation, ni la hausse des taux d’intérêt ne résolvent ce problème. En conséquence, une réforme de la prévoyance vieillesse s’avère incontournable et urgente.
Élément clé de la réforme désormais approuvée, l’abaissement du taux de conversion LPP excessif des 6,8 pour cent actuels à 6,0 pour cent permet de réduire la redistribution indésirable des personnes actives vers les bénéficiaires de rentes. Le renforcement parallèle du processus d’épargne (adaptation des bonifications de vieillesse et de la déduction de coordination) et les suppléments de rente pour la génération transitoire préservent largement le niveau des prestations et améliorent la situation de prévoyance des personnes actives à bas salaire – souvent les jeunes et les personnes travaillant à temps partiel. En œuvrant ainsi à la stabilisation et à la modernisation de la prévoyance professionnelle, la réforme atteint les objectifs visés. 

1. Abaissement du taux de conversion minimal à 6,0 pour cent

La réforme de la LPP réduit le taux de conversion minimal en prévoyance professionnelle obligatoire de 6,8 à 6,0 pour cent en une seule fois. L’ASA salue cette mesure indispensable à la stabilisation financière de la prévoyance professionnelle.

Concrètement : Durant l’activité professionnelle, les employés et leurs employeurs cotisent dans la caisse de pension. Il s’agit pour la majeure partie de cotisations d’épargne qui sont créditées sous la forme de bonifications de vieillesse sur l’avoir de vieillesse personnel de l’assuré. Cet avoir est par ailleurs rémunéré. Lors du départ à la retraite, l’avoir de vieillesse disponible est transformé en une rente de vieillesse (droit à des rentes de survivants inclus) ou versé sous forme de capital.
Le taux de conversion détermine la conversion de l’avoir de vieillesse épargné en une rente de vieillesseannuelle. Dans le cadre de la prévoyance obligatoire selon la LPP, il s’élève actuellement à 6,8 pour cent pour un homme de 65 ans ou pour une femme de 64 ans. Cela signifie qu’un avoir de vieillesse de 100 000 francs donne une rente de vieillesse annuelle de 6800 francs (soit 6,8 pour cent de 100 000 francs). Le taux de 6,8 pour cent est bien trop élevé. D’après les experts, pour que le capital épargné soit suffisant jusqu’à la fin de la vie, la juste valeur se situe aux alentours de 5 pour cent. 
Ce phénomène s’explique très simplement : toute personne arrivant à l’âge de la retraite en 1985 avait une espérance de vie de 18 ans en moyenne. Or, les personnes vivant en Suisse qui auront 65 ans cette année peuvent espérer vivre 23 ans encore (Source : Office fédéral de la statistique). En d’autres termes, l’argent que chaque salarié épargne pour lui-même dans le deuxième pilier doit servir pendant cinq années de plus qu’auparavant.
Dans le cadre d’une solution minimale LPP, il faut donc aujourd'hui procéder à une augmentation de plus d'un tiers de l’avoir de vieillesse de chaque nouveau retraité. Pour 100 000 francs d’avoir de vieillesse, au moins 33 300 francs supplémentaires sont nécessaires au financement d’une rente de vieillesse de 6800 francs. Sans réforme, ces fonds devront obligatoirement être financés au détriment des personnes assurées actives, typiquement par le biais d’une moindre rémunération de leurs avoirs de vieillesse ou de primes de risque plus élevées, voire des deux.

Cela se traduit donc par une redistribution systématique des personnes actives vers celles à la retraite : or, le deuxième pilier n’est pas conçu pour fonctionner ainsi. La réforme a pour objectif de réduire cette redistribution indésirable. 

Comme la réduction du taux de conversion entraînerait une diminution des rentes pour une partie des personnes actives, la réforme prévoit également des mesures afin de préserver le niveau actuel des rentes. Il s’agit notamment de compensations pour la génération transitoire (point 4) et d’un renforcement du processus d’épargne (points 2 et 3). 

2. Réduction de la déduction de coordination

La réforme de la LPP prévoit de réduire la déduction de coordination qui doit dorénavant s’élever à 20 pour cent du salaire AVS. L’ASA salue le fait que cette mesure contribue à l’amélioration du niveau des prestations selon la LPP pour les revenus faibles à moyens (et en particulier pour les personnes travaillant à temps partiel) avec une durée de cotisation complète.

Concrètement : En matière de prévoyance vieillesse, la Suisse s’appuie sur le système des trois piliers. Le premier pilier (AVS) garantit le minimum vital. Le deuxième pilier (prévoyance professionnelle, LPP) a pour but, ajouté au premier pilier, de maintenir le niveau de vie habituel. Aux fins de coordination avec le premier pilier, le deuxième pilier ne couvre pas l’intégralité du salaire. En effet, la « déduction de coordination » permet de déduire la part du salaire déjà assurée dans le cadre de l’AVS. C’est la raison pour laquelle la part du salaire devant être assurée dans le deuxième pilier s’appelle aussi le « salaire coordonné ». À l’origine, la déduction de coordination correspondait au montant d'une rente AVS simple maximale. Afin de favoriser les bas revenus, la déduction a été ramenée à sept huitièmes de la rente AVS simple maximale à partir de 2005. En cas de rente AVS simple maximale de 29 400 francs, la déduction de coordination s’élève actuellement à 25 725 francs. 

Cette réforme prévoit que la déduction de coordination se monte désormais à 20 pour cent du salaire AVS. Cela permettrait aux personnes à bas salaire et surtout à celles travaillant à temps partiel d’épargner davantage dans le cadre de la prévoyance professionnelle.

3. Nivellement des bonifications de vieillesse

La réforme de la LPP prévoit une simplification et un nivellement des bonifications de vieillesse. A l’avenir, la bonification de vieillesse s’élèvera à 9 pour cent du salaire soumis à la LPP pour les personnes assurées de 25 à 44 ans et à 14 pour cent pour celles de 45 à 65 ans. Pour l’ASA, il s’agit-là d'une étape nécessaire – parallèlement à l’adaptation de la déduction de coordination – afin que le niveau des prestations de la LPP soit préservé dans le cas d'une durée de cotisation complète. 

Concrètement : À l’heure actuelle, les bonifications de vieillesse pour le domaine obligatoire de la prévoyance professionnelle s’élèvent à 7 pour cent du salaire coordonné pour une personne de 25 à 34 ans et à 18 pour cent pour une personne de 55 à 65 ans. Dans le but d’encourager l’embauche des personnes de plus de 55 ans et leur maintien dans l’emploi, il faut atténuer la progression en fonction de l’âge des cotisations d’épargne LPP, financées à parts égales par les salariés et les employeurs. Grâce à ce lissage de la progression des cotisations, les salariés plus âgés seront dès lors moins « chers » pour les entreprises. 

4. Préservation du niveau des prestations pour la génération transitoire

Les personnes actives amenées à prendre leur retraite dans les premières années suivant l'entrée en vigueur de la réforme (la génération dite transitoire) obtiennent un supplément de rente en fonction de leur année de naissance et de leurs avoirs de prévoyance. L’ASA salue le fait que cette mesure vise le maintien pour la génération transitoire aussi des prestations prévues jusqu’à présent.

Concrètement : La réduction de la déduction de coordination et l’adaptation des bonifications de vieillesse contribuent en bonne partie à compenser la diminution du taux de conversion minimal LPP pendant toute la durée de cotisation. Or, ce mode de compensation ne s’applique pas aux salariés devant prendre leur retraite ces prochaines années. Des mesures supplémentaires sont donc prévues pour cette génération dite transitoire afin qu’elle puisse continuer de percevoir les prestations assurées jusqu’ici. Le Conseil national et le Conseil des États se sont accordés sur un modèle où le supplément de rente est fonction de l’année de naissance et de l’avoir de prévoyance épargné. Le supplément de rente (soit 2400 francs par an pour les cinq premières cohortes de nouveaux retraités, 1800 pour les cinq cohortes suivantes [cohortes 6 à10] et 1200 francs pour les cohortes 11 à 15) sera versé dans son intégralité aux personnes assurées dont l’avoir de prévoyance à la date de la perception de la retraite est inférieur à 2,5 fois le salaire annuel assuré maximal de 220 500 francs. N'ont pas droit au supplément de rente les personnes dont l’avoir de prévoyance est supérieur au quintuple du salaire annuel maximal assuré (441 000 francs). Un avoir de prévoyance compris entre ces deux valeurs limites donne droit à un supplément de rente réduit. Près de 25 pour cent des personnes assurées de la génération transitoire perçoivent un supplément de rente complet et 25 autres pour cent un supplément de rente réduit.

5. Abaissement du seuil d'entrée

La réforme de la LPP prévoit l’abaissement du seuil d’entrée, c’est-à-dire du salaire annuel minimal à partir duquel la prévoyance professionnelle est obligatoire. Ce dernier doit être ramené à 19 845 francs contre 22 050 francs aujourd’hui. L’ASA salue cette modification.

Concrètement : Avec l'abaissement du seuil d'entrée, ce sont 70 000 salariés de plus et 30 000 personnes cumulant plusieurs emplois qui doivent désormais être couverts pour des rapports de travail supplémentaires. Les personnes concernées bénéficieront aussi de la prévoyance professionnelle ou d'une meilleure assurance.

Source : Asa

Prêt d’une voiture : qui paie en cas d’accident ?

Souscrire une assurance conducteur tiers

Si j’ai tendance à emprunter occasionnellement les voitures d’amis ou de mes proches, il existe une assurance spécifique pour cela, l'assurance conducteur tiers. Il s’agit en fait d’une déclinaison de l’assurance responsabilité civile privée classique, certaines compagnies d’assurances l’incluent parfois d’office dans leurs contrats RC privée. Dans le cas contraire, elle représente quelques dizaines de francs supplémentaires sur la prime annuelle.

L’assurance conducteur tiers couvre la franchise du propriétaire

Ainsi, en cas de dommage ou de sinistre avec le véhicule emprunté, si son/sa propriétaire n’a qu’une casco partielle, pas de casco complète, les frais de réparation sont pris en charge par mon assurance conducteur tiers. S’il/elle a en revanche une casco complète, l’assurance conducteur tiers couvre le montant de sa franchise. De même que les éventuelles pertes de bonus du conducteur principal du véhicule vis-à-vis de son assurance auto.

Attention de bien vérifier les termes du contrat, en particulier concernant le nombre de jours d’utilisation du véhicule inclus par an : c’est celui-ci qui détermine si je suis un conducteur « occasionnel » et donc si j’ai le droit de bénéficier des prestations. Une autre condition pour être couvert, c’est de ne pas vivre sous le même toit que le détenteur du véhicule.

Les voitures de location et les voitures d’autopartage (type Mobility) ne sont pas non plus couverts par cette assurance, mais je souscris généralement une assurance au moment de la signature du contrat de location. Si j’ai un pépin avec un véhicule de l’entreprise dans laquelle je travaille, c’est l’assurance de mon employeur qui couvre les frais.

Comment modifier sa police d’assurance auto ?

Si j’utilise plus régulièrement la même voiture, j’ai plutôt intérêt à me déclarer auprès de l’assurance auto du détenteur principal du véhicule comme étant un conducteur additionnel – appelé aussi conducteur secondaire.

Si la police d’assurance ne le permet pas, je dois la faire modifier et alors comparer soigneusement les différentes possibilités.

Casco complète en cas de dégâts matériels

La couverture casco complète couvre tous les dommages matériels que je cause moi-même à mon véhicule et prend en charge les frais de réparation – à la carrosserie, aux pare-chocs ou au moteur. Si le véhicule est entièrement détruit et qu’il faut le remplacer, la casco complète me le rembourse à la valeur qui était la sienne avant l’accident – on appelle cela la valeur vénale.

Casco partielle en cas de dégâts naturels

Tous les frais dus à un événement naturel ou extérieur comme les intempéries ou incendie sont couverts par la casco partielle. La casco coûte en principe plusieurs centaines de francs qui viennent s’ajouter aux quelques centaines de francs de la RC privée qui est obligatoire et de la casco partielle. Il faut compter entre 1000 et 1500 francs au total par année.

Assurance responsabilité civile en cas d’accrochage

Contrairement aux formules casco, la RC automobile est quant à elle obligatoire. Elle couvre tous les dommages matériels, mais aussi corporels, que je cause à un tiers ou à sa voiture. Autrement dit, si je suis par exemple responsable d’une collision au cours de laquelle il y a un blessé, l’assurance couvre les frais médicaux. En cas de faute grave avérée de ma part (excès de vitesse, alccol, …), cette assurance pourra toutefois se retourner contre moi et me demander de participer aux coûts.

Source : assurance-info

Chiffres clés 2024

Chiffres clés des assurances sociales 2024 et taux d’intérêt minimal LPP

Les principaux indicateurs et montants-limites des premier, deuxième et troisième piliers de notre système d’assurances sociales sont représentés dans le graphique suivant.

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Le taux d’intérêt minimal LPP est relevé de 1% à 1,25% au 01.01.2024.

Source : Helvetia

Assurances sociales : ce qui va changer en 2024

Partir progressivement à la retraite devient possible. C’est l’un des changements concrets que les assurés suisses verront en 2024. D’autres modifications de loi, comme la modernisation de la surveillance du 1er pilier, seront moins tangibles mais tout aussi importantes pour la solidité des assurances sociales.

En un coup d’œil

Plusieurs nouvelles dispositions entrent en vigueur en 2024. Afin que les assurés, les employeurs et les personnes actives dans le domaine des assurances sociales aient une vue d’ensemble, le présent article résume les principaux changements, sur la base des informations disponibles à la mi-novembre 2023.

Stabilisation de l’AVS (AVS21)

Les différentes mesures de la réforme Stabilisation de l’assurance-vieillesse et survivants (AVS 21) entrent en vigueur de manière échelonnée (voir graphique). A partir du 1er janvier 2024, les assurés peuvent aménager leur passage de la vie active à la retraite de manière plus flexible et progressive. Ils peuvent notamment anticiper une partie de leur rente de vieillesse et ajourner une autre partie, dans l’AVS et la prévoyance professionnelle (pour plus de détails, voir Sauvain 2023).

À partir de la même date, il sera possible de choisir de continuer à payer des cotisations sur l’entier de son salaire en cas de poursuite de l’activité lucrative après l’âge de 65 ans, fixé comme âge de référence. La franchise sur la part du salaire inférieure à 1400 francs par mois devient en effet facultative. Cette possibilité permet de combler d’éventuelles lacunes de cotisations et d’augmenter sa rente future. Par ailleurs, le délai de carence pour obtenir une allocation pour impotent de l’AVS est abaissé à 6 mois au lieu d’une année jusqu’ici.

La réforme AVS21 entraîne aussi une hausse du taux ordinaire de la TVA de 0,4 point à 8,1 % ; le taux réduit (biens de première nécessité) et le taux spécial (hébergement) augmentent de 0,1 point, passant respectivement à 2,6 % et 3,8 %. Les recettes ainsi engrangées sont entièrement versées à l’AVS, en plus de celles provenant du « point de pourcentage démographique » que l’assurance reçoit déjà.

Échelons de l’entrée en vigueur de la réforme AVS21

AI : revenu hypothétique plus réaliste  

Le taux d’invalidité est décisif pour déterminer s’il existe un droit à une rente invalidité et, le cas échéant, pour calculer le montant de cette rente. Pour évaluer ce taux, les offices AI comparent les revenus de l’assuré avant et après la survenance de l’invalidité. Lorsque l’assuré ne travaille plus, les montants utilisés sont hypothétiques et se basent sur des barèmes statistiques de salaires (OFAS 2023a).

A partir du 1er janvier 2024, ces revenus hypothétiques en cas d’invalidité seront réduits de 10 % afin de mieux tenir compte des réelles possibilités de revenu des personnes atteintes dans leur santé qui sont souvent moins élevées que les montants de référence des barèmes de salaires. Cette adaptation devrait conduire à une augmentation du taux d’invalidité des personnes concernées et donc à une hausse de leur rente, ainsi qu’à un plus grand nombre de reclassements.

La nouvelle déduction forfaitaire de 10 % est appliquée uniquement aux nouveaux cas (dès 2024) dans lesquels un revenu hypothétique doit être pris en compte, faute de revenu effectif après l’invalidité. Les rentes en cours, elles, devront être révisées par les offices AI réviser dans un délai de trois ans. Les autres méthodes de calcul du taux d’invalidité ne sont pas concernées.

APG : congé pour le parent survivant prolongé

Le régime des allocations pour perte de gain (APG) est adapté au 1er janvier 2024 pour faire face au décès d’un parent peu après la naissance d’un enfant. Le parent survivant bénéficie d’une prolongation à 16 semaines de son congé de maternité, respectivement de paternité. Si une mère décède dans les 14 semaines après son accouchement, le père de l’enfant – respectivement l’épouse de la mère – se voit octroyer un congé de 14 semaines qui s’ajoute aux 2 semaines auxquelles il (ou elle) avait déjà droit. En cas de décès du père ou de l’épouse de la mère au cours des six mois suivant la naissance de l’enfant, la mère survivante a droit à un congé supplémentaire de 2 semaines.

Cette adaptation des APG s’accompagne de modifications rédactionnelles. Les termes de « congé paternité » et « allocation de paternité » laissent place dans la loi aux « congé de l’autre parent » et « allocation à l’autre parent » afin de tenir compte de l’introduction du mariage civil pour tous en 2022. L’épouse de la mère est reconnue comme parent légal si l’enfant a été conçu au moyen de don de sperme. Et en français, on parle désormais d’ordonnance sur les allocations pour perte de gain (OAPG) et non plus de règlement (RAPG).

PC : fin de la période transitoire

Dans les prestations complémentaires (PC), 2024 marque la fin des dispositions transitoires de la réforme entrée en vigueur en 2021. Ces dispositions ont été prévues pour les personnes qui étaient déjà au bénéfice de PC et qui auraient vu leur situation se détériorer à la suite de la réforme. Les anciennes règles en vigueur avant 2021 leur ont été appliquées durant trois ans afin de leur permettre d’adapter leur situation personnelle, notamment en ce qui concerne le loyer.

D’autres nouveautés en lien avec la fortune, respectivement les renonciations de fortune, sont désormais aussi appliquées à ces personnes. Le seuil de fortune introduit en 2021 (100 000 francs pour une personne seule ; 200 000 pour un couple) peut par exemple conduire à la fin du droit aux PC pour les personnes qui possèdent un patrimoine supérieur à ces montants (la valeur du logement qui sert d’habitation et dont l’assuré est propriétaire n’est pas prise en compte). 

Modernisation de la surveillance

Des instruments modernes de gestion des risques, de gestion de la qualité et de contrôle interne sont mis en place par les organes d’exécution dans l’AVS, les PC, le régime des APG et les allocations familiales dans l’agriculture. C’est l’une des mesures du projet « Modernisation de la surveillance » qui vise un renforcement de la gouvernance ainsi qu’une amélioration du pilotage et de la surveillance des systèmes d’information du 1er pilier. Dans ce but, les rôles et obligations des organes d’exécution et de l’autorité de surveillance sont précisés. Toutes ces mesures entrent en vigueur le 1er janvier 2024.

Dans le 2e pilier, des améliorations ponctuelles de la surveillance ont aussi lieu. Les adaptations visent en premier lieu à régler la reprise des effectifs de bénéficiaires de rentes. Les tâches des experts en matière de prévoyance professionnelle sont également précisées (Baumann, 2020).

LAMal : mesures de maîtrise des coûts et hausse des primes

Quatre dispositions visant à limiter la hausse des coûts de la santé à ce qui est justifié médicalement entrent en vigueur le 1er janvier 2024. Elles composent le volet 1b d’un paquet plus global de mesures, dont le 2e volet (incluant la question des réseaux de soins coordonnés) est en cours de traitement au Parlement.

Un monitorage est désormais introduit dans les conventions tarifaires entre fournisseurs de prestations et assureurs. Les deux parties sont tenues de prendre des mesures pour surveiller l’évolution des quantités, des volumes et des coûts. Ils devront prendre des mesures correctives en cas de hausses excessives.

La modification de la Loi sur l’assurance-maladie (LAMal) prévoit aussi que les pharmaciens peuvent remettre un médicament meilleur marché lorsque plusieurs produits pharmaceutiques contenant la même substance active figurent dans la liste des spécialités. Dans ce cas de figure, la quote-part assumée par la personne assurée s’élève à 10 % seulement.

Les associations d’assureurs obtiennent le droit de recourir auprès du Tribunal administratif fédéral contre les décisions des cantons en lien avec les listes des hôpitaux. Seules les organisations d’importance nationale ou régionale qui se consacrent à la défense des intérêts de leurs membres disposent de ce droit de recours. Enfin, la quatrième mesure concerne les médicaments ayant fait l’objet d’une importation parallèle : leur étiquetage et les textes d’information qui les accompagnent pourront être simplifiés.

En parallèle, le Conseil fédéral a mis en œuvre différentes mesures visant à promouvoir l’utilisation de génériques et de biosimilaires moins coûteux. Diverses ordonnances ont été révisées en ce sens.

Ce paquet de mesures intervient alors que les primes de l’assurance-maladie obligatoire prennent l’ascenseur. En 2024, la prime moyenne mensuelle s’élève à 359,50 francs, ce qui correspond à une hausse de 28,70 francs ou 8,7 % par rapport à 2023. La prime moyenne des adultes atteint 426,70 francs (+ 8,6 %) et celle des jeunes adultes 300,60 francs (+ 8,6 %). La prime moyenne des enfants se monte à 111,80 francs (+ 7,7 %). Toutes les données relatives aux primes peuvent être téléchargées à partir du portail Open Data.

Une autre modification de la LAMal au 1er janvier 2024 vise à aider le désendettement des plus jeunes. Les mineurs ne seront désormais plus poursuivis pour les primes et les participations aux coûts impayées par leurs parents. Ce changement mettra fin au régime actuel selon lequel chaque assuré, mineur ou majeur, est personnellement débiteur des primes d’assurance-maladie le concernant.

LPP : hausse du taux d’intérêt minimal

Dans la prévoyance professionnelle obligatoire (LPP), le taux d’intérêt minimal est relevé de 0,25 point à 1,25 % en 2024 (OFAS 2023b). Le Conseil fédéral a suivi les recommandations de la Commission fédérale de la prévoyance professionnelle pour fixer l’intérêt minimal auquel doivent être rémunérés les avoirs de vieillesse de la LPP. L’élément déterminant pour fixer ce taux à 1,25 % est l’évolution du rendement des obligations de la Confédération qui a considérablement augmenté, ainsi que l’évolution des actions, des obligations et de l’immobilier.

Source : sozialesicherheit.ch